Car il ne faut pas oublier que Bouteflika a été membre du groupe d'Oujda qui a installé Ben Bella sur le trône d'El mouradia, puis du conseil de la révolution qui l'en a destitué pour le jeter dans les geôles de la SM. Mais là, n'est pas le sujet, et en politique il n'est pas rare de contracter de nouvelles amitiés parmi d'anciens adversaires politiques. Alors, pourquoi tout cet officiel tapage pour une personne n'ayant assumé aucun poste au niveau des institutions de l'État? surtout que le très officiel journal télévisé de la télé algérienne en avait fait sa une, en reprenant clairement une dépêche pondue par les services de la présidence dans laquelle les faits d'armes (mariage avec Ben Bella et passage au sein de la rédaction de Révolution africaine!!!) de la défunte furent vantés.En effet, la défunte épouse de Ben Bella est une femme inconnue de tous. N'ayant jamais été l'épouse du président en exercice (son mariage avec Ben bella a été célébré en 1978 ce qui ne pouvait lui référer aucune légitimité étatique), l'on se demande pourquoi cet enterrement a pris des allures officielles? difficile d'y répondre, mais ce qui est sur, rien n'est fait au hasard au plus haut sommet de l'État. Des calculs politiques? probablement. Mais pour quelles retombées? le plus fin des stratèges s'y perdrait dans cette mise en scène machiavélique. Car un Président de la république qui, pour l'exemple, n'assiste pas aux obsèques de Bachir Boumaza, personnalité historique et ancien président du Sénat, ni à celui de Ali Tounsi, patron de la police nationale, mais assiste à celui d'une femme inconnue, est un président en pleine guerre de position. D'où l'inévitable question : guerre contre qui et pour quelle issue?
Après le soldat inconnu, l'État algérien institutionnalise l'enterrement officiel des inconnus. Le système basé sur le clanisme et le clientélisme poursuit son chemin en creusant un peu plus profondément la tombe de l'État algérien. La mise à terre semble bien entamée!
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